Mon stage de biologie en poche, je récupère Dorian et Guillaume me rejoignent à Los Angeles.

Les voies des Yosemites, les highballs de buttermilk à Bishop et les fissures de Joshua tree sont devant nous. Nos doigts s’useront aux sang. Tout devient intense.

3 mois dans le sud-ouest des Etats-unis permettent de se faire des amis, et de vous imprégner d’une autre culture, des contrastes et des paradoxes d’une des régions les plus riches de la planète, et de s’acclimater aux paysages de cette région haute en couleur.

Raconter tout un trip en californie est utopique, mais raconter une ascension qui laisse des traces est jeu aisé.


Royal Robbins, Tom Frost et Chuck Pratt  ouvre une voie de 1000 m et 35 longueurs sur El-capitain en 1961. Ils lui donnent le nom de Salathée wall en l’honneur de John Salathée, un des précurseur de l’escalade aux Yosemites.

Trois ans après l’ascension du “Nose” en 1958 par Warren Harding sur “El Capitan “ Robbins, Frost et Pratt se lancent un défi. Harding avait usé de nombreux pitons à expansions pour l’ouverture de son célèbre itinéraire mais l’équipe de 1961 ne partage pas cette éthique. Ils cherchent un style propre. ils n’utiliseront que quelques spits pendant l’ouverture du premier tiers de la face, appelé le Freeblast.

Ils ouvriront les deux tiers supérieurs de la face avec uniquement des pitons et en seulement 6 jours alors qu’il avait fallu 3 ans à Harding pour ouvrir son itinéraire quelques années plus tôt.

On ne peut que rester admiratif devant le courage et l’audace qu’il aura fallu aux ouvreurs pour réussir l'ascension en libre et sans protection de longueurs comme “Hollow flake”, “the chimney” ou “the ear” à une époque où les chaussons d’escalade n’existaient pas. Aujourd’hui encore ces longueurs terrorisent les candidats à cette ascension




































Décidé à gravir Salathée, je demande quelques conseils à Christian Ravier qui avait grimper cet itinéraire en 1992.

Voici la teneur de son message:


“Salut Julien

Allons, Tu ne vas pas te laisser influencer par cette fumeuse opération de com qui tente à diaboliser cette pauvre cheminée de Salathé parce qu'elle ne répond pas aux canons de l'escalade actuelle. Certes elle donne quelques sueurs, elle pourrait rappeler quelques vagues souvenirs intra-utérins, et il est vrai que la liberté que l'on ressent à sa sortie n'est pas anodine....

Christian”


Il était proche de la vérité, très proche. L’ascension sera mémorable et nous n’avons pas déroger à la règle, nous nous sommes mis de beaux combats tout le long de l’itinéraire. Les longueurs se sont succédées et nous ont mis une boule au ventre. Celles du Head wall sont incroyables, le gaz y est omniprésent.










































El capitain

Royal Robbins belaying Chuck Pratt during the first ascent of the Salathe Wall, El Capitan, 1961. Photo by Tom Frost.

Royal Robbins sur El Cap Spire

(22 eme relais)

Camp 4, un livre incontournable (aux éditions guérins) de Steve Roper pour tous ceux qui veulent découvrir l’histoire de l’escalade aux Yosemites.

Heart ledges

Head wall

retourVoyages.htmlVoyages.htmlshapeimage_3_link_0